Terminé RedShirts de John Sclazi, à la sieste, peu avant de hurler à cause d'une crampe au (très) grand orteil du pied gauche (j'ai le pied grec).
J'ai beaucoup aimé. C'est à la fois très ambitieux et très drôle. Le premier coda, dans lequel l'auteur, ou celui qui se fait passer pour l'auteur, se plaint du livre qu'il en est en train d'écrire, soulève des problèmes insondables dans lesquels seul‧es les écrivain‧e‧s (de fiction) se fourvoient (parfois, rarement sans doute, sinon ils seraient tous considérés comme fous à lier et internés dans des Unités Psychiatriques Spécialisées et soigneusement protégées de toute interaction avec le reste de l'humanité).
(Je me dois de signaler, ce que mes innombrables non-lecteurs et non-lectrices auront tôt fait de noter, que dans mon livre Moldanau, le chapitre IV "ce que j'ai vu à Moldanau" et le chapitre VII "Finse", explorent précisément ce genre de problème. Qui est l'auteur . Et est-ce que ça importe vraiment tant que ça de le savoir ? (excepté pour l'auteur lui-même) La révolte des personnages contre le récit dont ils sont victimes est encore plus marquée dans le dernier chapitre, le VIII, "Une Ascension". J'avais placé mon livre dans l'ombre du génial Feu Pâle (Pale Fire) de Nobokov. je crains que pas grand monde parmi mes non-lecteurs et non-lectrices n'ait compris quoi que ce soit à ce que j'ai essayé de faire, ou alors ça ne les a pas intéressé, et, plus probablement, ils n'ont pas dépassé les 10 premières pages - tous comme les éditeurs. J'ai toujours trouvé stupide cette idée d'écrire des premières pages attrayantes. D'y aller mollo "au début". Mes livres favoris ne cèdent pas à cette facilité. Bref.)
Le dernier coda du livre de Sclazi est très émouvant. Avant de hurler à cause de ma crampe au grand orteil du pied gauche, j'ai versé une petite larme.
#JohnScalzi
@scalzi est sur mastodon au fait, et son blog est passionnant :
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