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La Femme Choucroute @Luxbox@mastodon.xyz

En fait,
quand j'y pense,
tout ça, je l'ai déjà oublié.
Maintenant tu n'as plus

qu'à m'aimer

J'oublierai d'être triste quand tu es là
Et je continuerai
À faire ces blagues nulles
Que tu aimes, mi-amusé, mi-outré
de cette bêtise que tu trouves attendrissante,
comme cette petite chose fragile
dont j'oublie que tu l'aimes
mais seulement quand tu n'as pas envie
qu'on te prenne en main.

Aime moi et j'oublierai
la tendresse d'avoir pour soi
une épaule
à qui murmurer des choses

Aime moi, aime moi j'te dis
On fera des câlins devant des films
que j'adore et que t'aimes pas.
Mais c'est pas grave, tu choisiras le prochain.

Aime moi et j'oublierai
Que ce que tu aimes vriament
C'est l'image que je te renvoie
de toi-même
J'oublierai que quand je suis triste
ça te rend triste
De penser à quand tu es triste.

Aime moi,
J'oublierai que rien de ce que j'aime
ne te fait vibrer.
Mes chanteurs français à la con,
Mes poêtes irlandais morts depuis cent pigs
Mes films obscurs qu'on ne trouve qu'à la cinémathèque,
mes jeux de gestion chiants,
Mes lectures enthousiastes
sur des gens tristes
écrits par des gens tristes ;
après tout qui veut lire ça.

Aime moi, aime moi
Je te ferai des pancakes
Et du bacon pour accompagner tes œufs.
Je te serrerai la nuit
Caresserai ton front, embrasserai ta nuque.

Aime moi
Je t'enverrai des chansons
Qui me font penser à toi
Avec des textes qui ressembleraient
À des déclarations.

Aime moi, aime moi j'te dis,
Je t'écouterai me parler
De trucs que t'aime
Qui ne m'intéressent pas.
J'apprendrai à les connaître.

(écrit lors d'un atelier d'écriture en galerie des paléontologie du Muséum d'Histoire naturelle de Paris)

La seule chose dont j’étais certain
C’est qu’à présent cet animal
avait pris vie quand, dans ma main,
Eut jailli le souffle vial
De la création par l’esprit.
Tantôt démiurge, tantôt sculpteur,
j’avais créé mille et une vies
À cet oursin en forme de cœur.

J’étais certaine au fond de moi
Que ce coeur était celui d’un
Animal qui n’existait pas,
Sinon dans l’art des écrivains.
À poils, à plumes, recouvert d’or,
d’écaille, de peau, d’une carapace ?
Venait-il des pays du nord,
De l’océan ou de l’espace ?

Des creux en étoile en partaient.
Remontant jusqu’à la coupole.
À l’endroit où se rejoignaient
Ces lignes telles des rigoles,
l’objet semblait se renfrogner,
Créant cett’ form’ particulière.
Une sorte de porosité
créait des faces irrégulières.
J’étais incapable de savoir
Ce qui était entre mes mains.
J’avais beau fouiller ma mémoire
de scientifique, mais en vain.
J’avais en moi une conviction
Créé par l’étrange sentiment
Qui accompagnait la vision,
la découverte de ce fragment.

Je ne savais pas sous quel angle
Le dégager pour le voir mieux.
Je dégageais doucement l’objet.
Quand je l’eu en main, je pris peur.
Ce qui dans ma paume gisait
Avait en fait la forme d’un coeur.
Bien qu’il n'eût rien d’anatomique,
Cela créa au fond de moi
Com’ une commotion galvanique
Je fus soudain transi d’effroi.
Cet objet blanc, quel était-il,
Mes yeux parcouraient ses rainures
Je tournais l’objet immobile,
Le bas semblait un peu plus dur.

En creusant bien loin dans la terre
J’ai trouvé comme un caillou
Enduit d’ocre et de mystère.
Je me suis mise à genoux
Dégageant du bout des doigts
La poussière et le limon
De ce blanc « je-ne-sais-quoi »
Qui s’offrait à ma vision.
J’observais d’abord la tête
D’un calcaire immaculé,
Coiffé de trous - peut-être des bêtes
Y avaient-elles un nid creusé ?
en tapotant du bout de l’ongle
J’appris que l’objet semblait creux.

Là où elle était le calme
Elle est la solitude
Là où elle était le repos
Elle devient monstrueuse

à agiter sans cesse
Le spectre de ce sommeil
Qui ne viendra que tard,
ou bientôt, ou jamais, qui sait

Là où il est tentant
d'avaler le poison sécable
D'un époque moderne
Qui se prend par la main

Quand je regarde la lune
Levant les yeux vers son immensité
Et que j'espère qu'un jour la nuit
Et moi redeviendrons amies.

Quand les lumières s'éteignent,
Que les rideaux sont tirés
Sur des intérieurs feutrés
Peuplés de silhouettes immobiles

Quand le soleil disparaît
Que sur mon canapé
S'assoit à mes côtés
Une solitude superbe

Quand j'ai envie de boire
Pour m'endormir plus vite
Et surtout oublier
Que j'ai envie de boire seule

Quand depuis toujours
La nuit est ton alliée
Puis que, plus le temps passe,
Plus elle se transforme

La vie continue parce que c'est la seule chose qu'elle sait faire.

Je n'ai pas écrit depuis longtemps parce qu'il s'est passé bien des choses. Des choses heureuses qui ont occupé mes pensées ; des choses espérées qui ont occupé ma vie ; des choses tristes et inattendues qui l'ont rendue pluvieuse. Depuis une brume froide encombre cet endroit de mon cerveau qui me faisait écrire des rimes nulles sur la pâte à pizza.
Une fois le deuil terminé j'espère que l'engouement pour les mots reviendra. En attendant,
Attendons.

Et beh, je devais être sacrément attachée pour écrire des trucs pareils !
En tout cas c'est amusant de voir comment l'écriture a changé en quelques années.

Je ne serai jamais ces femmes que tu as touchées.
Je ne serai jamais ces femmes que tu as aimées.
Je veux n'être que moi.
Je veux être unique dans tes bras.
Sous ta bouche, tes mains,
Tes lèvres, ta langue,
Tes doigts,
Ta peau.

Être ton verre,
Ta cigarette,
Tes lèvres autour de moi, légèrement entrouvertes,
Faire glisser l'air sur ma peau
Sentir ton aspiration
M'avaler en quelques bouffées
Pénétrer ta bouche et tes poumons.
Ferme les yeux.

Je voudrais tellement te plaire
Être différente des autres femmes.
Être particulière
Être incertaine, peut-être.
Même incomprise ;
Qu'importe.

Je voudrais être unique
Entre tes bras.
Celle qui te détend,
Celle qui t'aide à dormir,
Sans se révéler un indispensable pilier.